Comment j’ai arrêté de fumer

Nicolas, le 25 oct 2014

e-cig

Après 22 ans de tabac intensif, j’ai enfin réussi à arrêter de fumer.
Et je dois ce miracle à la cigarette électronique.

Ca n’a pas été une mince affaire. J’ai 38 ans et j’ai commencé à fumer, bêtement, à l’age de 16 ans. Je dis bêtement parce que, comme beaucoup d’autres, j’ai fumé ma première clope sans réelle motivation, mais plus parce que fumer était la norme dans mon entourage d’amis formé de rockers et autres rebels en herbe.
J’ai fumé pendant 22 ans et j’ai tenté un nombre incalculable de fois d’arrêter. Sport intensif, patch, gommes à mâcher, vaporisateur de nicotine et même Champix, aucun des substituts classiques n’a fonctionné. Chaque tentative s’est soldée par des crises de nerfs, d’angoisses extrêmes, des troubles gastriques, de l’attention. De quoi rendre impossible mon sevrage pendant une période supérieure à 48 heures.
Qu’on soit bien clair, le matin, il me fallait moins de 30 secondes pour passer de l’oreiller au cendrier. J’avalais les bouffées de 3-4 cigarettes en moins d’une heure avant d’être opérationnel et je consommais de 15 à 20 cigarettes chaque jour, invariablement, sans réellement m’en rendre compte, sans jamais pouvoir diminuer.

Au mois de Septembre dernier, j’ai acheté une cigarette électronique au bureau de tabac du coin. J’avais promis à ma femme, qui se plaignait de l’odeur du tabac qui m’accompagnait, de faire un effort. Une cigarette bas de gamme et une fiole de 10ml de liquide saveur tabac blond à 8mg de nicotine devaient m’aider à venir à bout de mon addiction. Que nenni. Résultat infructueux.
Une discussion avec mon médecin sur mon envie d’arrêter et je suis assez surpris qu’il me propose la fameuse e-cig comme substitut. « Mais ça n’a pas marché, j’ai toujours envie de fumer », rétorquais-je. « Augmentez la dose de nicotine » me répond-il. Passer à 16mg de nicotine, c’est avouer que je suis un gros fumeur. Dur. Mais j’achète une nouvelle petite bouteille de liquide dosé plus fortement.

Nouvelle tentative. Je tiens une bonne demie journée, en milieu de semaine, sans trop sourciller. Craignant le lendemain matin avec l’obligation d’être opérationnel rapidement, je remets ma prochaine tentative d’arrêt au week-end suivant.
Le vendredi midi, mon dernier paquet de clope est vide et je reprends la cigarette électronique. Le samedi, je tiens le coup tétant ma nouvelle tétine autant que possible. Mais voilà, ça ne se passe pas comme prévu et mes filles semblent s’être liguées pour me stresser. Le dimanche, je craque et je rachète des clopes.
Mais je sens qu’il y a un truc qui s’est passé, que je n’ai jamais été aussi près du succès. La méthode me semble bonne, mais l’outil pas encore adapté. Durant la semaine qui suit, je fais du lèche-vitrine, durant mes poses clopes, devant la vitrine du magasin de cigarettes électroniques en face de mon bureau. Le soir, je me documente sur internet pour apprendre ce que je dois savoir sur cette pratique du vapotage.

Je programme ma prochaine tentative au vendredi midi suivant et je décide de m’équiper comme il se doit, avec du matériel de compétition, histoire de mettre toutes mes chances de mon côté.
Je parle quasiment une heure avec le patron de la petite boutique. J’explique ma motivation. Je décris le fumeur que je suis. Ce que j’attends de la cigarette électronique et raconte mes 2 dernières tentatives. Ce dernier, ancien très gros fumeur, comprend ce que je lui dis et me conseille. Je teste différents modèles, enregistre les différences, découvre les réglages, les techniques utilisées. Je « goûte » différents liquides.
J’investis. J’achète un « mod » électronique (innokin itaste SVD) massif qui me permet de régler la wattage et le voltage afin d’obtenir le « hit » qui sera le plus proche de mes clopes. Je prends un clearomiseur à l’allure solide et de belle contenance (KangerTech Protank II). Accus, chargeur et une bouteille de liquide (Liquideo Jolie Blonde), dosé à 16mg de nicotine, très neutre et proche du goût du tabac blond sec qui compose mes Lucky Strike.

Depuis, porté par la sensation que m’apporte ce matériel, le hit, très proche des vraies cigarettes, et une certaine motivation de geek (que de matériels, de liquides, à tester, à combiner, de tests à lire, des trucs et astuces à découvrir), je n’ai plus touché une cigarette. Voilà plus de 2 semaines maintenant.

Je vais bien, je ne flippe pas, je ne fais pas de crise de nerf ou d’angoisse. Quand j’ai envie de fumer, je vapote. Je fais en sorte d’apprécier cette nouvelle habitude, d’être à l’aise avec ça, de ne surtout pas me sentir coupable de « téter » plus que je ne l’aurais imaginer. Pour l’instant, je profite pleinement de ma victoire contre la cigarette, la vraie, celle qui me tuait (ou qui a peut-être déjà lancé le compte à rebours).

Ma seule crainte ? Que les gouvernements, les fabricants de tabac et les organismes de lutte contre le cancer, qui profitent, de manière plus ou moins hypocrite, de cette industrie de mort, ne s’intéressent de trop prêt au vapotage et m’empêchent d’arrêter sereinement. Je ne me fais pas d’illusion : pour la première fois, cette année, la consommation de tabac recule et les profiteurs ne ont pas se rendre sans se battre !

Parce que, oui, je suis affirmatif, la cigarette électronique comme substitut dans l’aide au sevrage tabagique, ça marche. J’en suis maintenant une preuve, vivante.

#subjectif