Le Boston Consulting Group et la notion d’innovation

Nicolas, le 18 nov 2013

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Je ne vais pas y aller par 4 chemins. Malgré le profond respect et la grande admiration que je traîne pour le Boston Consulting Group depuis mes années d’études de gestion (si, si, vous savez, la matrice BCG…), je dois avouer ne pas comprendre, voire trouver ridicule d’établir un classement des 50 entreprises les plus innovantes en se basant sur les critères que sont :

  • Croissance de la marge opérationnelle
  • Croissance du chiffre d’affaires
  • Taux de rentabilité de l’action

En plus du nombre de brevets déposés, comme le souligne le journal du net en introduction de l’article qu’il y consacre.

Donc, « innovation » se résume par pondre des brevets, croitre et rentabiliser son activité ?
Intéressant. Et logique lorsqu’on voit le classement.

Ainsi, Tesla se hisse difficilement à la 41ème place derrière :
1. Apple
2. Samsung
3. Google
4. Microsoft
5. Toyota
6. IBM
7. Amazon
8. Ford
9. BMW
10. General Electric
11. Sony
12. Facebook
13. General Motors
14. Volkswagen
15. Coca-Cola
16. Hewlett-Packard
17. Hyundai
18. Honda
19. Audi
20. Daimler

20 sociétés, qui, à part Google qui décidément est un cas à part, ne sont pas synonyme, à mon avis, d’innovation.
Où sont les acteurs du biomimétisme, par exemple, de la robotique, de la domotique, de la recherche médicale… Ces boites qui par définition ne peuvent être rentables car plombées par la R&D et sans marché mûr car innovantes ?

J’ai de plus en plus le sentiment que le terme innovation (même chose pour disruption et growth hacking) est devenu le mot à la mode avec la bonne dose d’abberation que ça comporte.

Alors, Messieurs du Boston Consulting Group, ce coup-ci, je ne vous tire pas mon chapeau !

Article du Journal du Net

#média #Startup #subjectif

Moltin : API, e-commerce et TPV – POS

Nicolas, le 13 nov 2013

La boite est toute jeune, s’appelle Moltin et a été montée par Jamie, Chris et Adam (pas plus d’info que ça) à Newcastle (UK).

Moltin vient secouer la scène du e-commerce et des applications TPV (POS).

Pour une grille tarifaire similaire à celle de Shopify, Melton propose un système d’API très proprement designé pour gérer un site e-commerce et un Terminal Point de Vente. Une solution unique qui devrait réconcilier le point de vente physique et sa version dématérialisée web chez les commerçants.
Un juste milieu entre une solution plateforme comme Shopify et les services dédiés de type usine à gaz comme Magento.

Les acteurs web qui proposent des déploiements de services mixtes e-commerce et point de vente physique devraient se jeter sur cette solution pour en maîtriser l’écosystème d’API afin de proposer une solution de gestion commerciale clé-en-main tout à fait concurrentielle en terme de coût d’installation et coût d’usage (entre 20 et 120£ par mois).

Bien entendu, il faut faire un bon benchmark avec une solution comme celle proposée par Square depuis son récent pivot et sa focalisation sur le TPV. Mais cette dernière me semble moins complète et universelle.
Je dois avouer être particulièrement séduit par l’approche API de Moltin qui change des approches e-commerce avec extension TPV ou inversement du TPV avec extension web. Qui, par définition ne peut s’optimiser pour les 2 environnements.

Moltin intéressera également les designers qui s’intéressent au challenge que représente l’ergonomie et l’interface graphique aussi complexe qu’un système de TPV. Sans être révolutionnaire, elle a le mérite d’être claire et propre.

#hightech #Startup

Bienvenue dans le club Licorne : Apprendre des startups de plus d’un milliard de dollars

Nicolas, le 11 nov 2013

Article très intéressant au titre « exotique », proposé par TechCrunch (qui s’affiche avec une façade toute fraîche, toute nouvelle et nettement plus agréable à la lecture) et rédigé par Aileen Lee, fondatrice de Cowboys Venture, un fond d’amorçage.

C’est justement en tentant de créer un profil type de la startup qui va dépasser le milliard de dollars de valorisation qu’est né le concept du club Licorne. La motivation derrière ce profilage est évidente pour un fond d’amorçage : identifier le plus tôt possible les startups à fort potentiel de croissance pour effectuer un amorçage à moindre risque et les accompagner pour encore augmenter la probabilité de succès.
Ce club, virtuel, réuni 39 startups, soit 0.7% des sociétés financées. Depuis 2003, il y a donc une moyenne de 4 licornes qui naissent par an. Les sociétés orientés consommateurs y sont plus nombreuses. Les sociétés B2B ont, quant à elles, un meilleur retour sur investissement (moins de fonds levés et revenus plus élevés). Toutes les licornes se répartissent sur 4 modèles économiques types : e-commerce, monétisation de l’audience, software service, software pour entreprise. Il faut compter plus de 7 ans avant de voir ces sociétés engendrer des revenus. Les fondateurs d’une vingtaine d’années font exceptions. Les Licornes sont fondées plutôt par des trentenaires qui ont un passé commun et un bon niveau de formation. La reconversion en cours de route est une exception. San Francisco (pas la Silicon Valley) est le nid favoris des Licornes. Il y a peu de diversité chez leurs fondateurs.

Si vous reconnaissez votre startup dans ce profil, vous devriez avoir des chances de faire partie de ce club. Si vous n’en êtes pas sûr et que vous souhaitez avoir plus de détails sur cette étude, je vous invite à lire l’article complet.

Ceci étant dit, lors des dernières conférences sur l’entrepreneuriat spécifique aux startups, j’ai pu constater que la mythologie est très grande et repérer quelques erreurs typiques. J’en parle d’autant plus aisément que j’ai fait ces erreurs également. Par exemple, penser qu’une idée, tout aussi créative et originale quelle soit, est suffisante pour assurer le succès d’un produit ou d’un service. Si votre idée ne répond pas à un problème ou besoin, c’est mort. Autre exemple, penser qu’il faut absolument avoir un prototype et un business plan pour se faire financer. Tout dépend du type de financement que l’on doit obtenir. Il est délicat, voire irréaliste, de penser qu’une startup a son produit et son modèle économique, car si tel est le cas, la startup est une entreprise et non une startup.
La démarche assez commune des jeunes startupers que j’ai croisés ces derniers temps est : avoir une idée, la garder secrète, monter un prototype et un business plan, faire des tests et en courber les résultats pour coller à leur business plan sans trop remettre l’ensemble du modèle en cause, le tout pour chercher des financements le plus rapidement possible. Le succès immédiat est envisageable, mais sur du plus long terme, il y a de très grands risques d’échec !

#Startup #subjectif