Idées et paranoïa

Nicolas, le 29 août 2013

Voilà que Camille Roux, co-fondateur de Human Coders, partage un lien vers le blog de la société en question qui nous renvoie vers une très bonne interview, publiée sur Framablog, du tout aussi bon Daniel Solis, concepteur de jeux de société.
Je vous passe les détails de l’interview – rien de mieux que lire l’original et s’épargner la paraphrase – et vous rappelle uniquement l’idée principale : Il est inutile d’avoir peur de se faire piquer une idée.
Je tiens d’ailleurs à souligner cette phrase en particulier :

« Par pitié, ne me dites pas que vous êtes angoissé par le vol de votre idée avant même d’y avoir investi [du] temps […]. Ne me dites pas que vous avez fait des recherches sur […] les droits d’auteur […] et le dépôt de marque avant même de vous mettre à tester […]. Ne me dites pas que vous ne testez […] qu’avec des proches, qui ont donc tout intérêt à ne pas vous briser le cœur. Vous ne faites pas tout cela, n’est-ce pas ? Bien sûr que non, ce serait idiot. Cette paranoïa n’est qu’un prétexte pour ne pas se mettre au travail.« 

J’ai envie de dédier cette phrase à l’un de nos clients (client pour lequel Quartr a effectué des prestations) de cette année 2013.
Ce client, que je ne nommerai pas, passe des mois et des mois (plus de 9 mois maintenant et ce n’est toujours pas abouti) à monter ses statuts (une SARL), en déboursant des milliers d’euros pour la rédaction des statuts par un cabinet d’avocats, pour l’enregistrement par un formaliste (toujours non concrétisé donc), des milliers d’euros pour protéger des illustrations au niveau français (parce que protéger au niveau européen c’est quand même trop cher… ne parlons pas d’une protection des droits au niveau mondial)… mais, lorsqu’il s’agit du futur produit, une application pour les enfants se basant sur les illustrations en question, les quelques milliers d’euros pour le développement deviennent insoutenable au point de vouloir une étude de marché digne des plus gros cabinets d’analyse.
Des milliers d’euros dépensés pour avocats et protection des droits mais une application qui ne voit (verra) pas le jour et une société qui n’est toujours pas enregistrée correspond bien à « Cette paranoïa n’est qu’un prétexte pour ne pas se mettre au travail.« . La peur de se lancer même si l’idée a été testée et approuvée par des proches. Tellement proches qu’ils ne révèleront pas l’idée à qui que ce soit. Tellement proches qu’ils ne peuvent dire honnêtement ce qu’ils en pensent.
J’ai dit à ce client que j’avais du mal à comprendre pourquoi une telle énergie et un tel budget (alimenté par une indemnité de licenciement) déployé pour protéger des contenus tout en considérant « secondaire » le produit même qui représenterait l’activité principal de la société. Manifestement, on m’a pris pour un extra-terrestre… un geek romantique trop loin des considérations sérieuses de ceux qui font de l’argent… Tiens donc.

Finalement, peu importe la protection des idées, si celles-ci ne sont jamais réalisées.

#média #subjectif