Last of the Living

Nicolas, le 19 mai 2009

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Compte tenu de la quantité ahurissante de films d’horreur, d’épouvante, thriller, etc. que je consomme, il devient, malheureusement, de plus en plus difficile de me satisfaire. D’abord parce que ma culture dans le domaine se forgeant, je deviens plus exigeant, mais aussi parce que la production en la matière – mais n’est ce pas un peu le même problème pour le cinéma en général ? – manque un peu de renouvellement.

Dernièrement, je n’ai eu à me mettre sous la dent que quelques slashers éculés au même scénario bateau avec quelques ingrédients savamment ajoutés pour rendre la sauce digeste. Le temps a coulé sous les ponts depuis mes dernières extases et le tant attendu Vendredi 13 n’y avait malheureusement rien changé. Rob Zombie, quant à lui tarde à satisfaire, si tant est qu’il y parvienne une fois encore, mes envies de renouveau.

Et pourtant, Zombie devrait sauter sur l’occasion : il paraît que les zombies sont les monstres favoris de la crise. C’est compréhensible. En cette période de lutte de classes, alors que les manifestations et les grèves illustrent le besoins de s’élever en masse contre un ennemi commun, le zombie en est la cristallisation. Symbole de la fin de la société, il est le fléau ultime qu’on ne peut éliminer qu’en groupe, sous la forme d’une ultime lutte pour la survie.
Le zombie apparaît quasiment toujours de la même façon : un virus se transmet à l’homme, le transformant en marionnette de chair et d’os assoiffé de sang. Le zombie a d’ailleurs le même problème que l’être humain : il survie en éliminant ses ressources et provoque sa propre destruction en épuisant irrémédiablement sa réserve alimentaire. Un vivant attaqué par un Zombie donne un vivant de moins et un zombie de plus. Ce qui implique une multiplication des consommateurs d’humains tout en diminuant le cheptel de victimes potentielles. Et comme le zombie a le Q.I. d’un poulpe neurasthénique, il n’a pas l’idée de faire des élevages d’humains.

Le film de zombies reprend donc toujours le même scénario :
– virus qui se répand
– humanité dévasté
– quelques humains luttant en groupe pour leur survie
– le groupe se délite à force d’attaques répétées
– fin pessimiste sur la fin de l’humanité; fin parfois ouverte pour assurer un 2ème volet si besoin est.

Last of the Living ne déroge pas à la règle. A ceci près qu’il paraît difficile de le ranger à côté d’un Dawn of the Dead (Romero – 1978 & Snyder – 2004) ou d’un 28 Days Later (Boyle – 2002). Non, cette mini production néo-zélandaise au budget à moins de six 0 se situe plus dans la lignée des Shaun of the Dead (Wright – 2004), The Signal (Bruckner – 2007) ou encore American Zombie (Lee – 2007) – à noter que ce dernier ne correspond en rien aux règles du genre évoquées plus haut -.
Si les français n’ont pas de pétrole mais ont des idées, les néo-zélandais n’ont pas de fric mais un bon paquet de talent. Ce film réussit, tout en reprenant exactement tous les codes classiques du film de zombies, à renouveler l’exercice à coup de décalages, d’anti-héros, de cadrages et de situation atypique. S’il n’y a rien de révolutionnaire derrière tout ça, il y a tout de même de quoi saluer McMillian qui pond ici une jolie surprise avec des acteurs très justes, ce qui n’est pas forcément évident. D’autant que le scénario aurait pu faire tourner l’ensemble en eau de boudin à la sauce looser-retarded-teenage movie : 3 potes se contentent de survivre dans leur coin jusqu’à leur rencontre avec une fille qui leur propose d’essayer de trouver d’autres survivants. Je vous laisse la joie de découvrir la suite.

Last of the Living est donc un film à voir pour ceux qui aiment ces films de zombies décalés qui s’amusent avec le genre, faisant preuve de justesse en proposant au spectateur un spectacle plus intelligent avec moins de poudre aux yeux et plus de talent dans le cerveau.


Last of the Living HD Trailer from Gorilla Pictures on Vimeo.

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