Le web et les applications, vus par les non-voyants

Nicolas, le 04 nov 2013

J’ai eu l’occasion de travailler sur le site web de la Fondation Valentin Haüy. Ce site n’a rien de révolutionnaire. Je n’en ai pas fait le design. Je l’ai intégré. Simplement.

Simplement ? Vraiment ? Non, pas tout à fait. Car ce site devait être intégralement et facilement accessible aux mal-voyants et non-voaynts.
Après m’être renseigné sur les pratiques à respecter, les standards à appliquer, la tâche ne s’est pas avérer des plus ardue.
J’ai demandé à assister aux tests du site par un non-voyant (toutes mes excuses à ce monsieur dont j’ai totalement oublié le nom). Et ce test a été très riche en enseignement.
J’avais bien fait mon travail de balises de titres et descriptions pour les images et les liens. De hiérarchisation de l’information, aussi.
Mais ma grande découverte a été de comprendre comment un non-voyant appréhende le site. Il a une vision spécifique de l’interface, passant par Voice Over ou Jaws qui lui lit le contenu du site, les titres ou les liens, pour optimiser la navigation et comprendre l’architecture du site.
Premier constat : l’interface, c’est à dire la façon dont l’information est organisée dans le site donne des résultats visuels et auditifs qui diffèrent. Par exemple, répéter un lien à divers endroit dans la page peut renforcer sa présence pour un voyant mais perdre un non-voyant. Multiplier les énoncés différents pour envoyer vers un même contenu va avoir le même effet.
L’organisation des menus peut également être très efficace visuellement tout en étant absolument troublante pour un non-voyant en perdant l’aspect visuel de ces menus.
Après ces tests, je rentrais avec des conseils et des corrections à effectuer. Après quelques heures, le lendemain, je représentai ma copie avec un sentiment intéressant : j’avais optimisé et rationnalisé l’information.
J’ai passé le second test haut la main et, mon client, très satisfait, et moi-même, avons échangé longuement sur le web et les applications mobiles qui aident grandement les mal-voyants et les non-voyants, mais également le trop peu de sites qui appliquent les bonnes règles de l’accessibilité (impossible de réserver un billet de train en ligne, par exemple).
J’en ai tiré la conclusion suivante : Respecter les standards d’accessibilité et faire tester les sites par un non-voyant a un double effet : Augmenter le nombre de sites accessibles et améliorer l’organisation de l’information. Le tout pour un coût égal à un chantier web / app classique.
Tout à y gagner, donc. Je vais donc prendre en compte ce facteur de manière continue dans mon travail sur l’UI – UX et faire en sorte que mes travaux soient tester par un non-voyant, ce afin d’arriver au compromis parfait entre UX voyant et UX non-voyant.

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