Monstrueux de Kirino Natsuo

Nicolas, le 18 mai 2009

Pendant 2 ans et demi, je n’ai quasiment pas eu le temps de lire. De longues journées de travail, le soir occupé avec ma petite famille et, de toutes façons, suffisamment de stress pour que je préfère m’abrutir sur un programme TV pour décérébrés à la lecture de l’un des livres qui s’accumulaient dans un coin du bureau.

Je n’ai pas forcément moins de travail aujourd’hui (j’ai repris mes activités rémunératrices après 3 bonnes semaines de vacances) mais j’ai la possibilité de mieux l’organiser. Résultat, j’arrive à nouveau à me plonger dans mes lectures. Mais il ne faut pas croire que c’est si facile que ça ! Je regarde moins la TV, me contentant de quelques films que j’ai vraiment envie de voir, de rares émissions « intelligentes », j’écoute la radio en faisant la vaisselle et j’écoute de la musique en travaillant et en … lisant. Voilà comment malgré ma fille qui ne pense qu’à me traîner au parc pour jouer, ma compagne « diminuée » par sa grossesse et mon besoin frénétique de satisfaire de nombreux centres d’intérêt, j’ai réussi à me remettre à lire vraiment (c’est à dire des livres sans images !).

Et pour bien commencer, « Monstrueux » de Kirino Natsuo me semble pas mal du tout. J’ai lu, il y a quelques temps déjà, le deuxième livre de Kirino Natsuo, Out (prix de la Japan Mystery Writers’ Association en 1998), qui ne m’a pas laissé indifférent du tout. J’espère qu’il en sera de même pour celui-ci. « Monstrueux » a pour narratrice une jeune femme dont le père est suisse et la mère japonaise (serait-ce une coïncidence ou un choix volontaire et amusant de ma mère qui m’a offert ce bouquin ?). Mais le point central de cette histoire est en réalité Yuriko, la petite soeur de la narratrice, que cette dernière qualifie de monstre à cause de sa beauté si parfaite. Yuriko, pourtant, devient prostituée et est assassinée.

Je ne vous en dit pas plus sur l’histoire. Par contre, alors que je termine de dévorer le premier quart du livre, je peux d’ores et déjà vous dire que Kirino Natsuo ne me déçoit pas avec ce nouveau thriller. Le style est brut, direct, et au delà de l’intrigue principale, c’est une grande claque qui réveille les consciences sur certains aspects de la société japonaise. A éviter pour celles et ceux qui veulent sauvegarder leurs fantasmes sur le pays du Soleil Levant. Mais à ne pas manquer pour qui souhaite ouvrir les yeux sans tomber dans le piège de « Stupeur et Tremblements ».

Vous comprendrez aisément pourquoi mon exemplaire est dans un tel état, moi qui suis si soigneux avec mes livres, en imaginant que je ne le lâche plus. Même quand je surveille la cuisson du poisson dans la poêle.

#lectures